Entretien avec Constance Flamand-Roze

Bonjour Constance, peux-tu te présenter aux personnes de l’association stp ?

J’ai 50 ans; je suis mariée, j’ai deux grands enfants de 23 et 21 ans, et un chat ! J’aime faire tout ce qu’on ne peut plus faire depuis un an : je suis une vraie parisienne, donc j’aime les musées, les expos, le théâtre, les terrasses, les concerts, les magasins… ! J’ai un rapport particulier avec le sport : nous avons été de très grands amis d’enfance, et puis j’ai été malade et tout s’est arrêté pendant 6 ans. Le sport n’a pas sa place à l’hôpital quand on est adolescente. Nous n’avions plus le droit de nous voir, le sport et moi, alors je l’ai boudé jusqu’à il y a peu de temps. Maintenant, nous renouons le contact : je ré apprends à courir et je fais du cardio (en salle quand elles sont ouvertes) et du Pilates. Mais la plupart des sports que j’aimais et pratiquais me sont maintenant interdits, alors cela reste un sujet sensible !

CONSTANCE FLAMAND ROSE

Peux-tu nous parler de tes études, ton parcours professionnel et ton ou tes activités actuelles ?

Je suis devenue orthophoniste par hasard, sans connaître ce métier et sans vraiment le souhaiter : j’accompagnais une amie qui passait le concours, et je l’ai eu. Ne pas être stressée m’a aidée ! J’ai travaillé pendant plus de 20 ans aux urgences vasculaires d’un hôpital parisien, et en neurochirurgie. Parallèlement je faisais beaucoup de recherche clinique, alors j’ai fini par passer ma thèse et je suis devenue chercheure en neurosciences dans un autre hôpital. J’ai découvert l’hypnose au bloc opératoire, et par curiosité j’ai suivi le DU. J’ai ensuite quitté mon activité clinque de l’hôpital pour ouvrir un cabinet libéral d’hypnose thérapeutique, en parallèle de mes activités de recherche. J’ai découvert les TOP il y a quelques années, mais c’est grâce à Sébastien Dupont que j’ai eu envie de les  intégrer à ma pratique libérale dans mes accompagnements.

Sébastien Dupont, formateur en Technique d’Optimisation du Potentiel en autre, nous a mis en contact puisque tu pratiques des séances de TOP avec des personnes touchées par la maladie de Parkinson. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces séances ?

Les patients qui viennent me voir sont d’abord en attente de séances d’hypnose. Et je leur parle des TOP en leur racontant les bienfaits qu’ils pourront en tirer, et la complémentarité des deux approches. Un patient un jour m’a dit que c’était exactement ce qu’il lui fallait car il avait trouvé qu’écouter des marches militaires lui permettait d’avoir une marche régulière et diminuait le freezing ! J’ai quelques patients très très jeunes, en dessous de 40 ans, et l’approche par les TOP leur convient parfaitement : on réalise les séances debout, en mouvement, on travaille l’autonomie… Avec les personnes plus âgées, c’est encore une autre approche : ils me disent souvent « je ne sais pas me relaxer » : je pense que c’est aussi une question de génération, on souffrait en silence et on se taisait ! Ces personnes-là peuvent maintenant exprimer leurs ressentis, et c’est parfois très troublant pour eux. Mais bénéfique !

Les TOP permettent de gérer des contraintes quotidiennes, comme la gestion du stress, la fatigue/insomnie, la motivation par la mise en place de techniques modélisables. Peux-tu nous décrire les bienfaits des TOP sur des personnes atteintes de Parkinson.

En effet, la motivation et la gestion du stress sont au premier plan, mais pas seulement. Avec les patients, je travaille beaucoup sur la confiance en eux, dans leur capacité à marcher par exemple, afin de diminuer voire d’abolir la phobie de la marche. Je travaille aussi sur la croyance limitante « ce n’est pas possible, je n’y arriverai pas, de toutes façons c’est comme ça… ».

Les séances TOP permettent de se projeter dans la réussite d’une marche efficace et sûre, de programmer l’arrêt du freezing, d’ancrer le souvenir d’un moment de contrôle du tremblement…

Aujourd’hui avec ton expérience auprès des gens qui ont la maladie de Parkinson et à qui tu as pratiqué un suivi TOP, quel retour as-tu ?

Je n’ai que des bons retours ! Le but que se fixent les patients est souple, il peut évoluer avec les séances. Le patient peut constater qu’il peut aller plus loin qu’il ne le pensait, ou bien au contraire baisser un peu ses ambitions parce qu’il réalise que son confort et son bien-être ne se situent pas là où il le pensait initialement. Le plus beau est quand un patient me raconte qu’il s’est approprié une des techniques TOP pour tout à fait autre chose : cette jeune avocate de 40 ans qui avait réussi à contrôler ses tremblements pendant les audiences m’a raconté avoir fait une PMR ultra accélérée un jour où elle devait franchir un pont suspendu à 60 mètres de hauteur au Costa Rica : le plaisir d’avoir atteint son but, la fierté d’être de l’autre côté malgré le vertige et la peur, ses ressources pour y arriver, les obstacles qu’elle va rencontrer… une vrai praticienne TOP !

CONSTANCE FLAMAND ROSE

L’association « Vaincre Parkinson » a pour objectif de faire parler de la maladie, sensibiliser un large public et d’aider la recherche. Tu suis l’association sur les réseaux sociaux et sur le web depuis plusieurs mois maintenant. Peux-tu dire quelque chose à toutes les personnes qui suivent notre association.

Je suis très impressionnée par toutes les personnes, malades ou non, qui vont au bout de leurs convictions et qui cherchent à améliorer leur condition au lieu de se plaindre.

Je suis très impressionnée par ceux et celles qui pratiquent le sport, de manière intensive ou pas, parce que comme je te le disais au début, c’est un sujet sensible pour moi.

Je suis très impressionnée par ceux et celles qui donnent du temps et de l’énergie pour les autres. C’est un cliché de dire ça mais le monde irait mieux s’ils étaient plus nombreux.

Donc si je devais vous dire quelque chose, ce serait : je suis très impressionnée par vous tous !

Pour finir, as-tu une citation favorite qui traduirait ton état d’esprit et que tu souhaiterais partager en mot de la fin.

J’en ai deux, tu choisis !
« Do or don’t… there’s no try” (fais le ou ne le fais pas. Il n’ya pas pas d’essai), de maître Yoda (clin d’œil à un expert TOP!) : c’est ce que je dis à tous mes patients qui me disent : « je vais essayer ». Non, on n’essaie pas, on y va, on fonce, on verra bien, si on se trompe ce n’est pas grave !
« Imagine comme ce serait bien si on avait moins peur… » de Charlie Mackesie dans un livre féérique et magique qui s’appelle « l’enfant, la taupe, le renard et le cheval ». Parce que la peur paralyse et empêche de rire. Tuez-moi si un jour je ne ris plus !
Ma variante personnelle est « imagine comme ce serait bien si on était moins cons », mais c’est moins politiquement correct (mais c’est mon état d’esprit).

Merci beaucoup du temps que tu nous as accordé, un temps que je sais précieux pour toi. Ton soutien nous est important et tes mots seront appréciés par tous nos lecteurs.

                            « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin… »