Les avancées thérapeutiques

Les avancées thérapeutiques sur la maladie de Parkinson en 2018

De nombreux essais cliniques sont actuellement en cours en France et dans le monde. Ceux-ci s’adressent à des patients à divers stades de la maladie de Parkinson.

On distingue :

  • les essais industriels  qui sont des essais multicentriques, souvent internationaux, sur un grand nombre de patients, et concernant une molécule qui a déjà été testée sur sujet sain et sur un petit groupe de sujets malades et qui a fait ses preuves en termes d’intérêt thérapeutique (on parlera de phase 2B et phase 3)
  • les essais académiques concernant la recherche à proprement parler, financés par des appels d’offres et concernent de plus petits nombres de patients et pouvant combiner l’essai de molécules, de techniques chirurgicales, etc.

Actuellement plusieurs essais thérapeutiques industriels concernent l’immunothérapie dans la maladie de Parkinson ou « vaccin alpha-synucléine ». La maladie de Parkinson fait partie des « synucleinopathies » caractérisée par la présence d’agrégats anormaux de protéines au sein des cellules nerveuses « les corps de Levy ».

Cette protéine anormale devient « toxique » et peut se propager de cellules en cellules, contribuant à la  mort cellulaire neuronale. L’immunothérapie active (PD03A) ou passive (PRX002) a pour but de lutter contre cette forme toxique d’alpha-synucléine. Il s’agit donc de voir si une vaccination thérapeutique est possible, chez des patients débutant la maladie de Parkinson.

Un essai multicentrique académique européen sur le chélateur de fer défériprone est en cours, chez des patients  parkinsoniens de novo ou porteurs d’une maladie évoluant depuis moins de 3 ans (FAIR-PARK II et SKY LA 48). Une surcharge en fer des noyaux gris centraux a été décrite très précocement dans la maladie de Parkinson, elle est la conséquence du dysfonctionnement mitochondrial et entraîne la perte rapide des neurones de la substance noire. L’excès de fer est hautement toxique et contribue à cette mort neuronale. Une première étude positive a montré la réduction de la surcharge en fer sur l’IRM des patients traités en parallèle à un ralentissement de l’évolution des symptômes de la maladie.

Les facteurs neurotrophiques sont de petites molécules secrétées par les neurones qui jouent un rôle très important dans la croissance et la prolifération la différentiation des cellules. L’injection directe de  facteurs neurotrophiques (GDNF) agissant sur les neurones dopaminergiques à l’aide d’une micro pompe
implantable est à l’étude.

La thérapie génique est une méthode médicale qui consiste a introduire un ou
plusieurs gènes thérapeutiques dans des cellules ciblées (striatum) pour pallier des déficiences impliquées dans la maladie. On utilise pour cela un vecteur viral non pathogène.

Une équipe de chercheurs franco-britanniques a envisagé l’introduction de 3 gènes : TH, CGH1 et AADC chez l’humain atteint de maladie de Parkinson en démontrant son innocuité. Un essai clinique a inclus des patients souffrant depuis au moins 5 ans de la maladie de Parkinson.

La greffe de cellules souches est également étudiée à partir de cellules d’embryon humain ou de cellules pluripotentes (Induced Pluripotent Stemcell), l’objectif étant de transplanter des cellules capables de remplacer les neurones perdus.

A l’heure actuelle nous ne disposons d’aucun résultat chez le patient parkinsonien permettant de dire si un tel traitement est envisageable, et s’il présente plus de bénéfices que le traitement oral.

Et d'un point de vue sympomatique?

  • Un essai industriel concernant l’efficacité de la safinamide dans les douleurs des patients parkinsoniens fluctuants est prévu
  • Un essai académique sur l’effet de faibles doses de morphine dans les douleurs
    liées aux fluctuations non-motrices est en cours en France (OXYDOPA)
  • Un essai académique sur l’administration précoce d’apomorphine (EARLY
    PUMP) est en cours
  • Une étude académique nationale concernant l’efficacité de la stimulation cérébrale profonde NST sur la qualité de vie des patients parkinsoniens est en cours (PREDISTIM)
  • Une étude industrielle multicentrique et internationale concernant l’efficacité
    de l’administration transcutanée de levodopa est en cours (NEURODERM)

Au niveau des rescue-therapies

on connaît déjà le stylo apokinon et le modopar dispersible, de nouvelles formulations linguales et en spray nasal seront prochainement disponibles.

Docteur Caroline Moreau
centre de recherche du CHRU de Lille