Une victoire pour Vaincre Parkinson dans le Mercantour

Du 3 au 5 septembre s’est déroulé l’Ultra Trail du Mercantour, appelé UTCAM, dans les Alpes Maritimes. Au programme pour les traileurs, un ultra de 130 km, 70 km puis un trail de 45 km, 10 km et enfin un kilomètre vertical. Dans ce contexte particulier de crise sanitaire, il faut souligner le travail des organisateurs, des bénévoles et des élus pour que cet événement puisse avoir lieu et en plus de belle manière.

L’association avait été invitée par notre partenaire « Outdoor and news » de Carole Pipolo, une belle occasion de faire parler de la maladie de Parkinson sur cette manifestation d’autant plus que le parrain de l’association, Sylvain Perrin serait présent sur le 70 km.

Le jeudi 3 septembre après le retrait des dossards, nous avons pris le temps avec Sylvain de parler de la stratégie de course, de peaufiner les ravitaillements et j’en ai aussi profité pour lui donner les derniers conseils concernant sa course de nuit. Oui, il faut savoir aussi que je suis le coach et le préparateur mental de notre parrain et voilà maintenant 2 ans que nous préparions ce genre de challenge. 
Vers 21h, Sylvain est arrivé sur le départ pour prendre la température et surtout ne pas manquer de bien se placer dans le SAS élite. A noter, qu’il n’était pas annoncé comme un potentiel vainqueur et par conséquent n’était pas prioritaire pour avoir ce type de place. 

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Dès le départ à 22h, j’ai senti de suite dans ses premières foulées toute la détermination qui l’animait pour faire de cette course, une course référence et amener l’association sur un beau sommet. En portant le bonnet « Vaincre Parkinson », Sylvain se voulait être un porteur de message pour toutes les personnes atteintes de Parkinson. 
Au premier Ravito d’Utelle au km 28, Sylvain arrive en tête de course. Tout se passa très vite, une barre de céréale, un coca, la recharge d’eau et une motivation supplémentaire quand Sylvain a vu la banderole de l’association sur la table. Il m’a dit en repartant : « go pour l’association ». Je lui dis de surtout ne pas lâcher car les autres coureurs derrières ont un coup de moins de bien et que la partie qui arrivait allait être costaud mais que la course allait se gagner sur cette portion. Je lui rappelle de bien rester concentrer et d’utiliser tous les outils de la préparation mentale mis en place ensemble pour faire face aux difficultés qu’il allait avoir à gérer jusqu’au prochain ravitaillement.

Au dernier ravitaillement de Roquebillière, km 58, je ne tiens plus en place car je sais qu’il va arriver en tête, qu’il lui restera 17km de montées et de descentes et qu’il est en train de réaliser une performance de haut niveau sur cette course très technique. Je me pose pour rester calme et trouver les bons mots qui lui donneront la force nécessaire de terminer dans de bonnes conditions. Et soudain, le voilà qui déboule dans le gymnase.

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Tout va très vite et je vous laisse lire une partie de son témoignage à cet instant-là : 
«  C’est à cet instant que j’apprends que je suis en tête. En entrant dans la salle, je suis bien bien entamé, le moral dans les chaussettes… D’une voix calme, mais le visage rempli d’émotion, Cédric trouve les mots pour me relancer : « c’est ta course, tu es premier, tu es en train de le faire, nous l’attendions, maintenant il te reste 17 km avec 1 200 tu sais le faire, tu vas aller la chercher pour ma maman, pour ton beau-père, pour toutes les personnes qui souffrent de Parkinson, qui luttent chaque jour … donne tout ce que tu as dans le ventre, cours avec le cœur ». Ses mots sont un véritable électrochoc, une décharge d’adrénaline incroyable … En quittant le ravito, je savais ce qu’il me restait à faire : rester lucide, concentrer, tenter de creuser l’écart dans l’ascension afin de limiter la prise de risque dans la descente ».

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Vers 7h du matin, j’étais en attente à l’arrivée, faisant les 100 pas, chargé d’émotions, quand Sylvain arrive sur la dernière ligne droite, toujours premier et dans un échange il me demande la banderole de l’association pour franchir cette ligne avec notre message de : « courir avec le cœur pour atteindre des sommets », parfaitement ce qu’il venait de réaliser. 

Une semaine  après Lucie Jamsin, notre marraine de l’association, gagnante de l’ultra 01, Sylvain venait d’amener les couleurs de l’association sur la plus haute marche de ce trail particulièrement réputé pour être difficile.

Je crois qu’en tant que président de l’association, en tant que coach et surtout ami de Sylvain, j’ai ressenti une énorme fierté et satisfaction en voyant le logo de « Vaincre Parkinson » rayonner de la sorte et véhiculer des valeurs par le sport.

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Mais le week-end n’était pas fini, entre la rencontre d’un immense champion comme Jordi Gamito et Sylvaine Cussot, le soutien et l’engagement de Carole Pipolo, ou les mots de Greg Chamberland, il me fallait être aussi à la hauteur pour réussir ma course de 45 km le samedi 5 septembre.

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Après une nuit pas trop récupératrice, me voilà donc au départ de ce 45 km très technique, avec 3 600 m de dénivelé positif, ce qui est énorme pour cette distance. Au départ, je rencontre Julien Carlier qui porté le tshirt de l’association et pour son papa touché par la maladie. Puis, je retrouve la Réunion avec Stéphane Odules et Julie Baco, venu pour faire la course et qui a reconnu le Tshirt de l’association.

Dès le départ, je sens que je ne suis pas particulière en forme, j’ai le cardio qui monte rapidement dès les premiers mètres de dénivelé. Je me dis de suite qu’il va falloir faire une course au mentale pour être finisher. D’autant plus que cet endroit je le connais très bien, on venait randonner en famille lorsque ma maman pouvait encore marcher et elle adorait ça. Arrivé au premier ravitaillement de la Madone de Fenestre, je retrouve ma sœur Adele Fia, avec mon neveu, mon beau-frère, mon fils et Sylvain, tous venus m’encourager. Les sensations ne sont toujours pas bonnes et pourtant je suis bien en avance sur les barrières horaires. Je continue de garder en tête l’essentiel pour me rebooster, c’est-à-dire, penser à ma maman, à toutes les personnes touchées par la maladie de Parkinson. Je repars donc en restant concentré et fixé sur l’objectif, la ligne d’arrivée.

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Après une portion de 10 km et 600 m de dénivelé positif dans un cadre montagnard magnifique, j’arrive toujours avec une belle avance sur les barrières horaires au ravitaillement du Boréon. Je fais le point avec ma sœur, qui me trouve pas très en forme. Je n’arrive pas à m’alimenter, j’ai la tête qui tourne un peu, envie de vomir et le cardio encore trop haut. Mais rien de grave, je continue de me dire que ça va passer à un moment et que je pourrais repartir.

Après 30 min de récupération, je repars pour la dernière ascension de 7 km et 1 200m de dénivelé positif, autrement dit le Mont L’Archas, un véritable mur à grimper. Je vous avouerai qu’en étant pas très bien, j’en ai bavé vraiment mais je gardai en tête que je voulais plus que tout franchir la ligne d’arrivée avec ma sœur et la banderole de l’association pour notre maman et toutes les personnes qui souffrent au quotidien. Quelques heures plus tard me voilà en haut de ce sommet magnifique et j’en profite pour poser devant le photographe de la course afin d’immortaliser ce sommet « Vaincre Parkinson ». Mais la course n’est pas encore terminée puisqu’il me reste à ce moment-là, encore 13 km environ de descentes techniques. Je récupère Éric Labiot, une très belle rencontre, avec qui nous échangeons et nous décidons de finir la course ensemble. Sa rencontre m’a donné beaucoup de forces et je l’en remercie. Puis au détour du km 40, j’ai une personne qui m’interpelle sur le chemin en me disant bravo pour l’association, salut Cédric HEDA. C’est Jérôme Lesecq qui est dans l’organisation du trail et qui a reconnu l’association. GENIAL, Vaincre Parkinson est de plus en plus connu.

Enfin, la ligne d’arrivée est là devant moi, je récupère ma sœur et nous avançons ensemble avec la banderole sous les applaudissements des spectateurs. Quelle émotion, quelle fierté et quelle joie d’avoir ma frangine à mes côtés. Après 11h d’une course magnifique, je fais le constat que sans un mental d’acier je n’aurai jamais fini ce trail. Je suis fatigué mais tellement heureux.

L’association a été présente tout au long du week-end, a fait parler de la maladie, a sensibilisé un large public et a mis en avant le combat au quotidien de ces personnes qui luttent contre la maladie. Leur détermination, leur ténacité, leur courage ont été, pour moi comme pour tous les représentants de l’association sur cet événement, une force INCROYABLE. Merci de votre confiance, de votre soutien et de votre fidélité à l’association, vous êtes des moteurs pour nous. Merci à tous d’avoir suivi ce week-end, d’avoir encouragé tous ceux qui couraient pour l’association, merci pour vos messages.

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On se retrouve le week-end du 12 et 13 septembre sur l’Infernal Trail Des Vosges pour un moment riche de rencontres, de partages et d’émotions aussi…

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